La bataille

La bataille est un jeu élémentaire très ancien. On raconte que le roi Charles VI, atteint de folie, y jouait pendant des journées entières avec sa maitresse favorite, Odette de Champdivers. Aujourd'hui, ce jeu, aux règles simples, est le premier contact des enfants avec les cartes. Ils y découvrent le plaisir du « suspense » lié au hasard ainsi que le goût de la victoire.

Règles de la bataille

La bataille se joue avec un jeu de 32 ou de 52 cartes (ou deux jeux de 32 ou de 52 cartes si l'on souhaite plus animer la partie).

But du jeu

La victoire échoit au joueur qui détient toutes les cartes, son adversaire n'en possédant plus aucune.

Ordre de valeur des cartes et points qu'elles représentent

Le point seul compte et non la couleur. Le roi est généralement la plus forte carte puis vient dame, valet, as, dix, neuf, huit, sept.

On peut attribuer aux figures la valeur suivante : rois, 14; darnes, 13; valets, 12; as, 11, et les autres cartes pour ce qu'elles représentent.

Nombre de joueurs

Deux.

Désignation du donneur et genre de donne

La désignation du donneur est sans grande importance. Il peut être celui qui a tiré la plus forte carte, dans le jeu tenu par une personne quelconque. On distribue les cartes une par une, de manière que chaque joueur en ait un nombre égal.

Manière de jouer

Chaque joueur a 16 cartes qu'il tient, en un paquet dans sa main. Des deux joueurs, c'est celui qui a la plus forte carte qui fait la levée. Lorsqu'il y a bataille, c'est-à-dire deux cartes de même valeur, c'est le joueur qui joue ensuite la plus forte carte qui emporte le tout.

Il y a donc bataille quand, par exemple, sur la table se trouvent en présence : deux rois, deux as, deux dix, deux huit, etc... Tant qu'il n'y a pas bataille, et, même lorsqu'il y a bataille, les cartes restent sur la table, jusqu'à ce que le joueur suivant dépose sa carte et emporte le tout, si elle est de valeur supérieure à celle que son adversaire vient de mettre.

Comment la partie est gagnée ou perdue

A gagné, celui qui a enlevé le plus grand nombre de cartes.

On peut aussi tenir compte du nombre de points représenté ou attribué à chacune et, dans ce cas, ce sera le plus fort total qui aura gagné.

Variantes de la bataille

Retrouvez ci-dessous quatre variantes du jeu de la bataille :

La bataille découverte

Cette variante se joue avec un jeu de 32 cartes. Chaque joueur déploie ses 16 cartes en éventail dans sa main et peut ainsi choisir la carte qu'il va jouer. Les participants ne sont obligés ni de fournir la couleur demandée, ni de monter en jetant une carte de valeur supérieure.

Chaque joueur a intérêt à se débarrasser de ses cartes les plus fortes, le but étant ici de jouer à qui perd gagne. Lors d'une bataille, pour donner un intérêt supplémentaire, chaque antagoniste peut poser une première carte face cachée sur la carte responsable de la bataille puis une seconde, face visible. Exemple Le joueur A pose un Roi. Le joueur B pose lui aussi un Roi : bataille. Le joueur A choisit une carte qu'il pose face cachée sur son Roi, le joueur B fait de même. Ce système permet aux joueurs de se défausser d'une carte de valeur importante. Puis la bataille reprend comme précédemment.

La bataille tennis

Dérivé de la Bataille, ce jeu aurait été inventé en juin 1983 par Maurice Pons au Moulin d'Andé pour célébrer la victoire de Yannick Noah à Roland Garros.

On joue à la bataille tennis avec un jeu de 32 cartes. On peut très bien jouer avec un jeu de 52 cartes, mais le caractère très rapide et vivant de ce jeu diminue.

Valeur des cartes

Dans l'ordre décroissant : As, Roi, Dame, Valet, 10, 9, 8, 7.

But du jeu

Une partie se joue en trois manches gagnantes, cinq si nécessaire. Chaque manche comporte six jeux, mais comme au tennis, chaque jeu se remporte avec 2 points d'écart et nécessite au niveau de 6 jeux à 6 un tie-break. Il s'agit donc, pour remporter un jeu, d'utiliser au mieux ses fortes cartes et de passer maître dans l'art d'utiliser ses basses cartes.

Déroulement de la partie

Le service

Chaque joueur donne à son tour pour un service. Il distribue treize cartes à chacun, une par une, et laisse les six dernières constituer le talon mort qui restera non utilisé durant le jeu, mais contribuera à laisser planer un doute sur la force du jeu de l'adversaire.

Le jeu de la carte

Le serveur garde la main tout au long du jeu, même si l'adversaire gagne une levée. Ce qui le placera généralement dans une position délicate lorsqu'il voudra attaquer, son adversaire se tenant bien entendu embusqué. Il est indispensable de mémoriser les cartes maîtresses qui « tombent » (As, Roi, Dame, Valet, 10).

Chaque joueur tient son jeu ouvert et choisit la carte qu'il va jouer. La plus forte remporte la levée. Il n'y a pas d'atout et l'on n'est pas tenu de fournir la couleur demandée. L'adversaire du serveur a un net avantage.

Déroulement du jeu

Chaque service gagné rapporte 15 points et le gain d'un jeu se compte comme au Tennis 15, 30, 40, avantage et jeu. Détenir quatre As ne permet donc pas forcément de remporter un jeu.

L'échange

Une bataille constitue un échange. A partir des deux premières cartes responsables de la bataille, la hiérarchie des couleurs intervient en cas d'égalité et dans l'ordre décroissant : Pique, Cœur, Carreau, Trèfle. En outre, le service n'intervient pas au cours d'une bataille. Chaque joueur pose une carte cachée au centre de la table et la retourne en même temps que son adversaire. Une bataille remportée peut faire perdre un jeu dans la mesure où l'utilisation de cartes maîtresses pour la gagner risque d'affaiblir une main qui était bien nantie au départ.

Le tie-break

A égalité 6 jeux partout, le tie-break est obligatoire. Le service est supprimé. Chacun pose la carte qu'il choisit d'abattre face cachée au centre de la table et ne doit la retourner que lorsque l'adversaire à déposé la sienne. Il peut alors la retourner.

Le tie-break se joue en sept levées gagnantes et doit compter au moins deux levées d'écart. Si les treize levées possibles sont réalisées sans que les joueurs aient pu se départager, le jeu est mélangé et la donne change de main, ainsi de suite jusqu'à ce que l'un des joueurs parvienne à remporter le tie-break avec deux plis d'écart.

La bataille anglaise

Cette Bataille a le mérite d'être très rapide et plus variée que la Bataille ordinaire avec laquelle les différences sont les suivantes :

- on utilise un jeu de 52 cartes, distribué en parties égales entre les deux adversaires, soit 26 cartes chacun

- la valeur des cartes est modifiée de la façon suivante. Les 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2 ne valent rien. Ils ne se prennent pas entre eux, ne forment pas de Bataille et s'appellent les « soldats ».

Un As vaut quatre soldats, un Roi trois soldats, une Dame deux soldats et le Valet un soldat. Ces cartes sont des « officiers ».

Le non-donneur joue toujours le premier et, tant que chaque joueur retourne un soldat, il continue à abattre ses cartes. Si l'un d'eux dépose un As, son adversaire lui doit donc quatre soldats. Il retourne une à une ses cartes jusqu'à concurrence des quatre soldats, mais si au cours de cette opération, et avant qu'il ait retourné la quatrième carte, il retourne un officier, il doit s'arrêter et c'est à son adversaire de retourner quatre, trois, deux ou une carte, selon que la carte d'arrêt est un As, un Roi, une Dame ou un Valet. Si toutes les cartes retournées sont des soldats, le possesseur du dernier officier remporte la bataille.

Le joueur qui ramasse toutes les cartes a gagné la partie.

La bataille payante (bataille à trois joueurs)

A la bataille payante, il peut y avoir trois joueurs. On distribue alors 51 cartes et on laisse de côté la cinquante-deuxième pour que chacun ait un nombre de cartes égal.

Quand se pose la situation d'une « bataille » ou d'une « re-bataille », le vainqueur annonce au perdant : « Paie! » Celui-ci doit alors retourner une autre carte que le vainqueur ramasse avec toutes les autres, même si la valeur de cette nouvelle carte est supérieure à tout ce qui se trouve sur la table.